Monsieur Z

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Monsieur Z

Il est arrivé dans notre service un après-midi d’été en short et en tee-shirt avec des chaussures basket accompagné de ses deux enfants et de la directrice de l’EHPAD.
Il avait l’air d’une personne en visite.
Pendant qu’on lui faisait visiter le service, ses enfants discutaient avec la directrice.
Ses enfants se sont éclipsés pendant qu’il découvrait sa chambre puis il s’est rendu compte que ses enfants étaient repartis sans lui.
Il a commencé à répéter :
« ils veulent m’enfermer pour se partager le magot »
Lorsqu’il s’est rendu compte que malgré cette phrase qu’il répétait à qui voulait l’entendre, personne ne l’aidait à sortir de la structure pour rentrer chez-lui.
Il avait des troubles cognitifs mais pouvait encore les dissimuler.
II avait décidé de se débrouiller en toute autonomie pour rentrer chez-lui par tous les moyens.
Le lendemain, nous devions mon collègue et moi-même descendre certains résidents de notre unité de vie protégée au rez-de-chaussée pour une activité, il s’est posté à distance et il surveillait l’ascenseur.
Je ramenais les résidents devant l’ascenseur et mon collègue les récupérait pour les descendre.
Dès que l’ascenseur s’est ouvert, il a surgi et a presque bousculé les résidents qui attendait pour s’engouffrer à l’intérieur.
Mon collègue a juste eu le temps de le retenir et de le sortir avant que l’ascenseur ne reparte vide.
Il était devenu agressif et il essayait de donner les coups de poings et de pieds à mon collègue qui les esquivait.
Mon collègue avait fini par réussir à le plaquer contre un mur jusqu’ à ce qu’il se calme (mon collègue est ceinture noire karaté).
Quand monsieur Z s’était rendu compte que mon collègue avait des connaissances en karaté et qu’il était plus jeune et plus fort que lui, il s’est calmé et lui a dit :
« Tu aurais pu me dire depuis hier que tu t’y connaissais en karaté. »
Mon collègue lui a répondu nous n’avons pas eu le temps d’aborder le sujet car vous avez été admis dans notre service seulement depuis hier.
Ils ont discuté d’arts martiaux pendant quelques minutes puis M. Z était retourné en salle commune, il était calme.
Mais après le dîner, nous avions fini notre service et nous allions partir, M. Z a réussi à ouvrir une fenêtre de la salle commune qui était pourtant bloquée.
Il était sur un balconnet au quatrième étage et voulait sauter à l’extérieur puis rentrer chez-lui.
C’est la directrice qui habitait en face qui l’avait vue et nous avait alerté.
Nous l’avons récupéré et la directrice a demandé son hospitalisation en urgence pour trouver un traitement pour le calmer.
Il n’est jamais revenu dans notre service.
Ces enfants ne s’attendaient certainement pas à un tel dénouement.
C’est la raison pour laquelle je propose aux familles de solliciter une équipe pluridisciplinaire spécialisée en gériatrie dès les premiers troubles cognitifs apparaissaient chez votre proche.
Ces équipes pourront vous orienter correctement et anticiper certains problèmes et proposer des solutions.
Cela vous évitera des surprises désagréables.
Pour plus d’informations, voir ma correspondance « ENTREE EN EHPAD… » disponible sur mon site.

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