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Monsieur T.
Retraité, veuf avec une pathologie qui nécessitait une surveillance médicale et un risque de chute, il était encore autonome pour tous les actes de la vie quotidienne mais ne pouvait plus vivre seul à son domicile. Il a décidé de s’institutionnaliser avec l’aide de ses petits-enfants.
Il avait une fille unique qui est décédée très jeune, ses deux fils vivaient avec leur père mais étaient très proches de leur grand-père. En EHPAD : Il appréciait le calme dans sa chambre, programmait ses sorties. Il avait un homme de compagnie qui l’amenait faire ses courses en ville et s’occupait de son linge, il était aisé et ne souhaitait pas que son linge soit lavé par la structure. Son homme de compagnie passait des après-midis à discuter avec lui dans sa chambre, lui ramenait son linge propre, lui faisait les courses quand il ne souhaitait pas sortir. Il ne souhaitait participer qu’aux grandes (fête de Noël des résidents, fête de l’été…).
Il partageait tous les repas avec les autres résidents à la salle à manger de l’étage parce qu’il y avait moins de résidents, le service était rapide et il pouvait retourner rapidement au calme dans sa chambre après le repas. Lors des repas, il ramenait toujours un petit sac isotherme et d’autres provisions dans le panier de son déambulateur, comme une bouteille de
vin…. une fois installé à table, il demandait aux soignants quel était le menu, et si le menu ne lui plaisait pas, il demandait une assiette vide, y mettait le repas qu’il avait dans son sac et demandait aux soignants s’ ils pouvaient le lui chauffer micro-onde. Si une partie du repas était à son goût, il demandait qu’on lui ramène juste cette partie et complétait avec sa réserve sur place, ou retournait chercher des choses dans sa chambre. A table il discutait avec les autres résidents mais ne partageait jamais ses provisions. Parfois, quand certains résidents se plaignaient de la qualité des repas il leur répondait : « Faites vos courses personnellement comme moi si vous souhaitez manger ce qui vous plaît tous les jours. » Les autres le regardaient et restaient de marbre.
Dans le même ordre d’idée, un jour il avait demandé qu’on vienne lui présenter les fauteuils de confort de haut standing. Un vendeur est venu lui présenter le catalogue de fauteuils de leur marque, il a choisi le modèle le plus confortable et le plus onéreux. Il était prêt à signer le chèque d’acompte quand le vendeur lui a demandé “Vous ne discutez pas le prix ?” il a répondu : « J’ai suffisamment d’argent pour vivre durant le peu d’ années qu’il me reste, et mes petits-enfants hériteront d’un capital conséquent quand je ne serai plus de ce monde.» Il discutait beaucoup, avec les autres résidents et avec les soignants, à tout moment de la journée quand il le souhaitait.
Ses petits-enfants lui rendaient visite régulièrement, ils ramenaient parfois leurs épouses et leurs enfants. Un jour, il a eu une bronchite et son état général s’est dégradé petit à petit, malgré la prise en soins globale bienveillante de l’équipe pluridisciplinaire, et les visites plus régulières que d’habitude de ses petits- enfants et son homme de compagnie. Il est décédé.


